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robert escande
16/05/2012
MÉDECIN, QUAND REVIENDRAS - TU ? Témoignage 216 pages édité chez Beaudelaire en mai 2011 Résumé Ce roman a le goût de la réalité, du réalisme sauvage et dérangeant... et nous fait passer du rire aux larmes devant le triste tableau des conditions dexercice dun métier sans concessions. Il nest pas possible dignorer alors que son auteur est médecin lui-même !
Il nous révèle un monde de souffrance et despérance, le tout écrasé par une dictature administrative que nous ne soupçonnions pas. Il nous pousse à nous révolter contre cette entreprise de démolition de la médecine libérale, qui, autrefois, faisait la fierté de notre spécificité française, tout comme les libertés individuelles, de plus en plus menacées par un état devenu difficilement supportable. Bien entendu, les noms des lieux et des personnages sont fictifs pour respecter le secret médical : « Toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite ».
On peut toujours essayer de se rassurer avec un : « Ça nest pas près d'arriver en France ! ».
Mon ressenti Un médecin de ville vient sétablir en campagne pour pouvoir lui-même vivre du métier quil a choisi. Il embarque toute sa famille et vient par une nuit, dans un coin reculé de France sinstaller dans un tout petit village charmant perché en Ardèche. Cest avec plaisir que lauteur raconte ses hommes et ses femmes, ses familles, quil a côtoyé pendant 20 ans : des souvenirs heureux comme malheureux, des drames mais sans jamais tombé dans le voyeurisme ou dans un étalage spectaculaire daccidents en tout genre.
Etre un médecin de campagne implique de mettre les mains dans le cambouis, de ne pas compter ses heures, dêtre disponible et de faire acte de présence à tout moment, cela touche à la vocation. Mais au-delà de cette vision, cest surtout tisser des liens forts, de gagner la confiance, daccepter les us et coutumes, de sadapter tous les jours, car rien nest gagné. Médecin de campagne, un métier en voie de disparition et pourtant tellement nécessaire : nous nhabitons pas tous en ville !
Je rejoins tout à fait lavis de Robert sur ce « désert médical », sur cette administration qui récompense la quantité à la qualité, le rendement à la relation
et Hippocrate dans tout cela ! Jhabite en zone rurale, il y reste quelques médecins de campagne et de famille qui se déplace encore, mais ce sont les derniers : les regroupements de médecin en cabinets médicaux fleurissent en ville ! Jai la chance dêtre suivi par un de ces médecins et nous avons parfois de longues discussions sur son choix professionnel entraînant des choix de vie, sur ses batailles lorsque son cabinet est vide !
Il est clair que je naurai pas fait les mêmes choix. De même que je trouve admirable la place de la femme du médecin, de leurs enfants : car les sacrifices de lun rejaillissent forcément sur tous. Quels prix sont à payés ? Avec humour, amour et recul, Robert nous dépeint ses hommes et ses femmes, dresse le tableau de sa patientèle, de celui de sa famille, de leur isolement, de leur ras le bol. Jaurai aimé approfondir parfois ce lien fort entre son médecin et son patient, cette relation tissée sur 20 ans dépasse à elle seule, la simple anecdote. Le médecin a quitté la région aujourdhui, il doit prendre soin de lui aujourdhui ! Est-ce le prix à payer pour avoir donné tout ce quon a dans les tripes ? A découvrir
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