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Grippe H1N1 : la Cour des comptes dresse son bilan

Publié par le , Mis à jour le 28/10/2014 à 18:43
Une campagne de vaccination coûteuse
Les sages de la Cour des comptes ont rendu leur verdict concernant la gestion par les pouvoirs publics de la pandémie grippale de l’hiver dernier.
Au total, les dépenses liées à la pandémie s’élèvent à 662,6 millions d’euros, bien loin des 510 millions d’euros annoncés par le ministre de la Santé lors de son « audition par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale ».
La Cour des comptes révèle notamment que plus de 57 % de cette somme a été consacré à l’acquisition des vaccins pour leur achat proprement dit mais aussi pour l’indemnisation des laboratoires suite à l’annulation d’une part des commandes.
Le coût final des livraisons estimé à 382,7 millions d’euros inclut le coût des vaccins perdus ou détruits durant la campagne de vaccination mais aussi celui des vaccins inutilisés, soit 20 millions de doses, et celui des vaccins donnés à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Des frais tout à fait considérables au regard du faible nombre de personnes finalement vaccinées qui s’élève à 5,4 millions d’individus : « Au total, le coût de la campagne de prévention contre la grippe A (H1N1) a été particulièrement élevé puisqu'il a atteint plus de 110 euros par personne vaccinée », relève la Cour des comptes.
Les critiques de la Cour
Au-delà des chiffres, la Cour des comptes a stigmatisé l’attitude des pouvoirs publics à différents stades de la campagne.
Ainsi, si elle se refuse à critiquer la logique de précaution qui a prévalu à l’été 2009, elle signale tout de même que cette situation d’incertitudes aurait dû inciter le « gouvernement à prévoir des dispositifs souples et des stratégies de repli, tant dans les négociations d'achat de vaccins que dans l'organisation d'une campagne de vaccination de masse ».
La pandémie grippale a mis en lumière de multiples faiblesses dans la passation des contrats avec les laboratoires et lors de leur renégociation. De même pour les modalités de financement des achats de vaccins que la Cour juge contestables car le préfinancement a été intégralement supporté par l’Assurance maladie.
Regrettant que la vaccination ne se soit pas appuyée sur les « deux piliers du système de santé français que sont l'hôpital et la médecine de ville », la Cour des comptes ajoute que le système de bons de vaccination manquait d’efficacité et mettait en lumière de « réels dysfonctionnements ».
Pour la Cour des comptes, le plan mis en œuvre lors de la pandémie H1N1 était incomplet et inefficace. Elle réclame donc qu’il soit mieux adapté à la gravité de la menace avec notamment un « volet financier et budgétaire ».
En réponse à cette dernière critique, le ministre de la Santé a fait savoir que la « révision du plan national a été entreprise sous forme d'un guide d'aide à la décision, dorénavant démarqué des phases OMS afin de mieux rendre compte de la situation nationale ».
 
 
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