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Cancer : les plus pauvres pénalisés par rapport aux autres malades

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Les plus pauvres ont souvent un reste à charge après un cancer

Les personnes pauvres doivent surmonter bien des obstacles lors d’un cancer. En plus de combattre la maladie, ils doivent souvent mettre la main à la poche pour régler des factures car 10% d’entre eux n’ont même pas de complémentaire santé.

12% des plus pauvres doivent avancer les frais

C’est un triste constat dévoilé par l’observatoire sociétal de la Ligue contre le cancer. Selon ce document présenté à l’occasion d’une journée organisée pour les dix ans de l’observatoire, les personnes les plus pauvres sont moins armées face au cancer.

Les patients qui touchent moins de 1500 euros par mois doivent très souvent surmonter de nombreux obstacles pour se soigner. Selon les chiffres, les malades les plus pauvres sont 12% à avancer des frais alors qu’ils ne sont que 7% pour des revenus supérieurs. De même, 10% d’entre eux n’ont pas de complémentaire santé contre 2% des malades qui disposent de plus de 1500 euros.

Des coûts qui peuvent faire plonger financièrement les patients. C’est le cas de Delphine, diagnostiquée d’un cancer du poumon qui témoigne auprès de la Ligue du cancer : « Les 3 semaines d’hospitalisation et surtout les 18 euros quotidiens m’ont mis sur la paille. Je n’avais pas de mutuelle ».

3 millions de Français ne sont pas couverts par une complémentaire santé

La Dress estime que 3 millions de personnes soit 5% de la population ne sont pas couvertes par une assurance complémentaire santé. Il s’agit principalement de « personnes avec des faibles revenus » comme les chômeurs, les inactifs mais aussi les travailleurs précaires.

Des personnes qui pourraient prétendre à la CMU-C ou à l’ACS désormais remplacés par la Complémentaire santé solidaire (CSS). Malheureusement, beaucoup ne sont même pas informés de l’existence de ces aides sociales. La preuve en 2017, le taux de non-recours à la CMUC-C (couverture maladie universelle complémentaire) était évalué entre 34% et 45% ce qui représente entre 2.8 à 4.5 millions de personnes.

Un reste à charge des années après la fin d’un traitement

Le rapport de l’Observatoire met en évidence que des années après la fin des traitements, des dépenses de santé sont toujours à la charge des malades. Une personne sur deux déclare toujours payer entre 2 et 5 ans après la fin d’un traitement. Plus étonnant, presque deux anciens patients sur 10 ont toujours un reste à charge… 25 ans après. Il est de :

  • 301 euros entre 2 à 5 ans
  • 281 euros entre 6 et 9 ans
  • 262 euros entre 10 et 15 ans
  • 384 euros entre 16 et 25 ans
  • 287 euros après 25 ans

Les frais peuvent concerner le transport pour des examens de suivi (26%), des médicaments qui ne sont peu ou pas remboursés et qui sont prescrits pour soigner des effets indésirables du cancer ou le prévenir (29%). Mais il y a aussi des frais qui sont liés au bien-être psychologique du patient qui doit traverser l’’épreuve de la maladie comme des consultations chez les psychologues (non remboursée par la Sécurité sociale) ou encore chez les diététiciens (26%). Ils doivent aussi s’acquitter de dépassements d’honoraires pour les opérations de reconstructions mammaires (23%) et des frais dentaires.

La Ligue contre le cancer propose la mise en place de plusieurs actions afin de soutenir les plus pauvres :

  • Une prise en charge dans le cadre des prothèses dentaires liées aux conséquences du cancer
  • Un accès à un soutien psychologique
  • Un accès à une activité physique adaptée
  • Une prise en charge des frais de transport pour les examens et les consultations post-traitement
  • Une accélération des procédures de modification des nomenclatures de l’Assurance maladie pour les actes, les prestations, les médicaments et les produits de santé. 
 
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