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Les géants d'internet pourront-ils bientôt vendre des médicaments ?

Publié par le , Mis à jour le 13/02/2020 à 10:24

Amazon pourra t-il vendre des médicaments en ligne ?

Des entreprises comme Amazon pourront-elles bientôt commercialiser des médicaments ? Une mesure présentée en conseil des ministres propose de permette aux pharmacies de se regrouper pour ouvrir une pharmacie en ligne.

« Une condition nécessaire au développement de la vente en ligne »

C’est un projet de loi qui inquiète les pharmaciens. Présentée en Conseil des ministres, cette mesure  devrait permettre à des pharmacies de se regrouper afin d’ouvrir un site de vente en ligne de médicaments.

Pour les professionnels, cette possibilité laisserait le champ libre à de grosses entreprises : « Demain, si Amazon veut s’associer à un ou plusieurs pharmaciens diplômés, il pourra le faire et se lancer dans la vente en ligne de médicaments » explique Gilles Bonnefond, président de l'USPO au Parisien. A noter qu’aux Etats-Unis, l’enseigne s’est déjà lancée sur ce marché avec « Amazon Pharmacy ».

La présidente du Conseil national de l’ordre des pharmaciens, Catherine Wolf-Thal n’a pas hésité à adresser une lettre à Agnès Buzyn pour lui signifier son inquiétude et lui demander le retrait de ce projet.

De son côté, le ministère de la santé tente de calmer les esprits. L’entourage d’Agnès Buzyn insiste sur le fait que « la vente en ligne devra être rattachée à la licence d’une officine et placée sous le contrôle du pharmacien » avant de rajouter que cette mesure est « une condition nécessaire au développement de la vente en ligne notamment dans les zones urbaines ou le foncier est plus rare et cher ».

Toujours est-il que les pharmaciens ont bien du mal à comprendre les intentions du gouvernement: « On vient de remettre derrière le comptoir les Doliprane et autres ibuprofène pour en réduire la consommation et là on va favoriser leur vente en ligne » rajoute Gilles Bonnefond..

Depuis le 15 janvier 2020, les médicaments contenant du paracétamol ainsi que certains anti-inflammatoires non stéroïdiens ne sont plus vendus en libre-service. Ces médicaments délivrés sans ordonnance sont très souvent utilisés en automédication. Cette mesure a pour but de « renforcer le rôle de conseil du pharmacien auprès du patient ». L’occasion de rappeler aux malades les gestes à adopter lors d’une automédication : « Ces médicaments sont sûrs et efficaces lorsqu’ils sont correctement utilisés mais présentent des risques lors d’une utilisation inadéquate ».

Vers un assouplissement de la vente de certains médicaments ?

Ce n’est pas la première fois que le sujet de l’assouplissement de la vente des médicaments est mis sur la table. Au printemps 2019, l’Autorité de la concurrence recommande d’élargir la vente de certains médicaments à la grande distribution. A l’époque, elle préconise « d’assouplir partiellement et de manière strictement encadrée le monopole officinal pour autoriser la dispensation de médicaments en parapharmacies et en grandes surfaces ».

Seuls certains médicaments seraient concernés par cette mesure comme des produits vendus sans ordonnance, des tests de dépistage du VIH ou encore des lecteurs de glycémie. C’est un pharmacien qui devra superviser la vente.
Une recommandation qui a été rapidement balayée par Agnès Buzyn qui s’est dit opposée à cette idée : « Quand on parle de la désertification médicale, de l’abandon des territoires, de fragiliser les petites pharmacies en zone rurale (…) je pense que ça serait une très mauvaise idée et un très mauvais signal » explique t-elle au micro de Europe 1. 

 
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