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Près de 4 millions de Français vivent dans un désert médical en 2018

Publié par le , Mis à jour le 20/02/2020 à 09:56

Les Français ont toujours des difficultés à consulter un médecin

Les années passent et les déserts médicaux posent toujours des problèmes. Selon la Dress, ce sont quasiment 4 millions de Français qui éprouvent des difficultés à consulter un médecin généraliste. La Guyane, la Martinique et la Guadeloupe sont principalement impactées.

La Guyane, la Martinique et la Guadeloupe en première ligne

Il y a toujours autant de déserts médicaux en France. Et la situation est loin de s’améliorer. Selon les chiffres de la Dress, entre 2015 et 2018, le nombre de personnes vivant dans un territoire sous-doté en médecins généralistes est passé de 2,5 millions à 3.8 millions.

Le service statistique des ministères sociaux rajoute toutefois que « la part de la population française » qui vit dans une zone sous-dense ( un accès à moins de 2,5 consultations par an et par habitant » est « faible » avant de rajouter : « Mais elle passe, en quatre ans, de 3,8% à 5,7% ».

La situation est encore plus compliquée en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe qui sont les territoires les plus touchés par les déserts médicaux : « La situation est particulièrement dégradée en Guyane (…) touchée par une très forte croissance démographique ». Au final, ce sont 44,2% des habitants soit 120.000 personnes qui ne peuvent pas voir aisément un praticien. En Métropole, les régions Ile-de-France et Centre-Val-de-Loire sont principalement affectés.

Sans surprise, la pénurie de médecins est à l’origine de cette augmentation des déserts médicaux : « La diminution globale du nombre de médecins en activité sous l’effet de nombreux départs à la retraite que les nouvelles installations ne compensent pas (…) en raison de l’effet prolongé des numerus clausus » qui a limité le nombre de médecins formés au cours des dernières années.

Aujourd’hui, près de la moitié des généralistes refusent des nouveaux patients. D’après une enquête de UFC Que-Chosir, 44% des médecins ne peuvent plus prendre des malades en raison d’un emploi du temps surchargé. Une situation très préoccupante car ce sont eux, qui doivent orienter les patients dans le parcours de soins.

Selon les calculs du Conseil national de l’Ordre, cette érosion devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2025. D’ici là, la France aura perdu 6 000 généralistes et spécialistes supplémentaires.

Des assistants médicaux et la téléconsultation à la rescousse

En 2019, la Confédération de syndicats médicaux français (CSMF) a signé deux dispositifs avec l’Assurance maladie pour permettre la création d’assistants médicaux. Ils seront 4 000 à venir épauler les médecins. Leur mission ? Décharger les praticiens de certaines tâches. Ainsi, ils pourront suivre plus de patients : « Les Français trouveront plus facilement un médecin traitant et ils auront accès plus rapidement à un médecin spécialiste » explique à l’époque Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF à Franceinfo.

En 2018, le gouvernement a décidé de favoriser la téléconsultation. Depuis le 15 septembre de cette même année, l’Assurance maladie rembourse cette consultation 2.0. A l’époque, ce rendez-vous d’un nouveau genre est présenté comme "une alternative pour de nombreuses personnes qui renoncent à se soigner en raison des délais trop longs".

Un an après son lancement, ce sont 60.000 téléconsultations qui ont été effectuées. Un chiffre bien loin des 500 000 téléconsultations prévues. Un démarrage décevant qui n’affole pas l’Assurance maladie qui estime que « la téléconsultation devrait se diffuser plus largement dans les mois et les années à venir : le taux d’équipement va augmenter, la téléconsultation deviendra plus facile à accepter par tous types de patients et les modes d’organisation des médecins vont continuer d’évoluer vers plus d’exercice regroupé ».

 
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