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Près de la moitié des généralistes refusent des nouveaux patients

Publié par le , Mis à jour le 26/11/2019 à 10:37

Les Français galèrent pour trouver un médecin traitant

UFC Que-Choisir tire la sonnette d’alarme. Même s’il ne s’agit pas d’une surprise, 44% des médecins généralistes refusent de prendre des nouveaux patients en raison d’un emploi du temps surchargé. Les moyennes villes sont les plus touchées par ce phénomène en constante évolution.

Les villes moyennes principalement touchées

Les Français ont du mal à trouver un médecin pour se soigner. Un constat qui se vérifie grâce à UFC Que-Choisir qui publie les résultats alarmants d’une enquête menée auprès de généralistes. En juin dernier, des bénévoles de l’UFC Que-Choisir ont contacté de façon anonyme 2770 médecins Français. 44% d’entre eux ont purement et simplement refusé de prendre en consultation des nouveaux patients. Ils sont 9% supplémentaires à accepter un rendez-vous avant de prendre une décision.

La Seine-et-Marne (76%)  arrive en tête du podium suivi de la Charente (78%) et de l’Allier (70%). A l’inverse, le taux de refus tombe à 20% dans le Bas-Rhin, la Meurthe-et-Moselle et les Pyrénées-Atlantiques.

Mais alors, quelles sont les raisons qui poussent les médecins à refuser des malades ? Sans grande surprise, 71% d’entre eux déclarent « avoir trop de patients » tandis que 14% sont proche d’un départ à la retraite. En clair, les villes moyennes sont bien plus touchées que les plus grandes villes ou les petites communes.

Une situation préoccupante car comme l’explique UFC Que-Choisir, le système de santé s’organise autour du médecin traitant qui doit « gérer l’orientation des usagers dans le parcours de soin ».

D’autant plus que face à des refus, certains malades décident de renoncer aux soins. 63% des personnes interrogées lors d’un sondage BVA pour France Assos Santé ont opté pour cette solution en raison de coûts ou de délais trop importants.

La France a perdu plus de 6500 médecins

Et pour ne rien arranger, la France continue de perdre ses médecins. Selon le Conseil national de l’Ordre, près de 6500 praticiens ont stoppé leur activité en l’espace de huit ans. Et malheureusement, la situation se dégrade car ils ne sont pas remplacés. Le Conseil table sur une prolongation de cette érosion jusqu’en 2025. D’ici là, le pays aura laissé filer 6 000 médecins supplémentaires.

Pour tenter de mettre un terme aux déserts médicaux, le gouvernement a lancé plusieurs mesures dont la téléconsultation remboursée depuis septembre 2018 et la création de 4 000 postes d’assistants médicaux. Mi-secrétaires, mi-aides-soignants, ils seront subventionnés par la Sécurité Sociale et auront comme mission de décharger les médecins. Ainsi, les professionnels pourront se dégager du temps pour suivre plus de malades.

Selon les derniers chiffres, on estime que 8 millions de Français ne peuvent pas voir un médecin plus de deux fois dans l’année.

Que faire lorsqu’il n’y a pas de médecin traitant ?

Lorsqu’un patient n’arrive pas à trouver un médecin traitant, il peut contacter le médiateur de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM). Le site de la Sécurité sociale propose même une page dédiée pour venir en aide aux assurés.
L’Assurance maladie propose au malade un formulaire « Difficultés d’accès à un médecin traitant ». Dans ce document de deux pages, il sera demandé au patient :

  • Ses coordonnées personnelles
  • La situation médicale
  • Les noms des médecins qui ont été contactés
  • Les motifs des refus

Attention, le conciliateur de l’assurance maladie ne pourra pas attribuer un médecin traitant. Grâce aux différentes réponses du formulaire, il essayera d’apporter des solutions. Il pourra par exemple, orienter le patient vers un médecin qu’il n’a pas encore sollicité ou contacter les praticiens qui avaient refusé une première consultation.

 
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